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L'intrigue 2013


   retour

L'action se déroule dans une chine des plus fantaisiste - Pays de Ché-i-no-or - au milieu des jardins du palais de l'Empereur Fé-ni-han dit " Roi en son palais " . Ko-ko-ri-ko, chef de la garde ayant décidé de prendre la tête de la conspiration qui vise à détrôner l'Empereur, la scène débute par des explications en un chinois des plus surprenant avec lequel absolument personne n'arrive à se comprendre. Ayant exposé leurs revendications, les conjurés se dispersent alors laissant seule la princesse Fé-an-nich-ton qui, pour éviter l'ennui, ouvre un roman illustré écrit en français. Surprise par l'arrivée du mandarin Ké-ki--ka-ko, tous deux s'aperçoivent très vite qu'ils ne sont nullement chinois mais bel et bien français, Ké-ki-ka-ko étant en fait le Vicomte Alfred de Cérisy qui fit un jour naufrage sur les côtes chinoises et Fé-an-nich-ton une chanteuse légère du nom de Virginie Durand capturée par les soldats de Fé-ni-han lors d'une tournée en Extrême-Orient. Après avoir chanté avec nostalgie les plaisirs passés de la vie parisienne, tous deux décident de s'enfuir le plus rapidement de ces lieux où ils se trouvent kidnappés.

De retour sur scène, les conspirateurs sont chassés par Fé-ni-han qui, resté seul, se lamente à son tour sur sa condition car lui aussi est français, natif de Brive-la-Gaillarde et plus connu sous le nom d'Anastase Nourrisson, sa grande envie étant de revoir au plus vite son pays.

Fé-an-nich-ton et Ké-ki-ka-ko ayant été rattrapés par Ko-ko-ri-ko alors qu'ils tentaient de fuir, ce dernier vient demander en italien sur des paroles chinoises  leur mise à mort que l'Empereur ne peut refuser. Alors que dans leur détresse, Virginie et Alfred entonnent une dernière fois La Ronde de Florette, Fé-ni-han se trouve ému de reconnaitre en eux des concitoyens auxquels il avoue secrètement ses origines et demande au jeune français de régner à sa place sous peine d'être empalé. Ké-ki-ka-ko, refusant, prend alors le parti de chanter le Ba-ta-clan , Hymne des conjurés mais ce chant est si poignant que Fé-ni-han ne peut se retenir de l'entonner contre lui même.

Tandis que tout semble perdu, une lettre est apportée à Fé-ni-han de la part du chef des conjurés, lui révélant que Ko-ko-ri-ko est lui aussi d'origine française puisqu'il vit le jour rue Mouffetard, maison de la blanchisseuse, et qu'il se trouve prêt à les aider dans leur fuite, sa seule aspiration étant de pouvoir " fé-ni-hantiser " à la place de I' Empereur. Ainsi des relais sont prévus de Pékin à Pantin et dans leur bonheur, tous chantent une dernière fois le motif du Ba-ta-clan.

Dans Ba-ta-clan, les conjurés et les détenteurs du pouvoir ne font en réalité qu'un, la politique n'étant qu'une affaire des plus vaines et le peuple complètement tenu à I' écart. Car au travers du déguisement, c'est bien la société française et sa politique qui se trouvent visées et ceci trois ans après le coup d'Etat qui a substitué l'Empire à la République. Or, c'est bien au sein de cette Seconde République qu'il faut rechercher l'origine du nom de Fé-ni--han (faineant ou fait hi-han ?) qui, nous l'avons compris, vise implicitement le Prince Louis Napoléon. Afin de pouvoir se faire élire à la présidence de cette république, Louis Napoléon eut l'intelligence de donner l'impression d'un " crétin " ou d'un " dindon qui se croit un aigle " comme on se plaisait à le surnommer à cette époque, et c'est bien cela que recherchait une bonne partie de la classe politique française dans le but de neutraliser un poste dont il était nécessaire de limiter l'influence et la puissance. Or, Victor Hugo, lui-même ne cachait pas ses préférences pour " un fainéant, un automate qui soit leur créature. " Toutefois, afin de ne pas se compromettre aux yeux de l'autorité politique, Offenbach et Halevy eurent la prudence de créer une ambiguité avec le personnage de Ko-ko-ri-ko (jeune coq français !) qui afin d'arriver à ses fins n'hésite pas à se rendre des plus ridicules par son jargon italiano-chinois tout ceci étant la preuve d'une certaine forme de laxisme politique au sein de laquelle l'intérêt personnel prime sur le bien général (" A moi la gloire et la puissance " crie-t-il dans le finale). Mais cette Cour de Fé-ni-han représente un peu cette même Cour de Napoléon III envers laquelle ce dernier n'hésitera pas à fermer les yeux notamment devant l'attitude de son demi frère, le Duc de Morny, ainsi que pour ceux qui l'aidèrent à rendre possible le Coup d'Etat de 1852.

Enfin, Ké-ki-ka-ko et Fé-an-nich-ton représentent eux ces deux parisiens du boulevard que ces affaires politiques n'importent peu dans la mesure ou le sort prend à leurs égards des tournures agréables. Or, c'est bien des conjurés dont il n'est plus question car comme le dit Fé-ni-han: " Ils me demandaient quelque chose mais quoi alors là ?... " et lorsqu'il s'agit d'entendre le chant de la révolte - Le Ba-ta-clan -, le premier réflexe du souverain est de fuir bien qu'il ne puisse résister à l'envie de le chanter lui-même, contre lui-même.

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